La salle Altissimo à Grabels

avril 21, 2013 dans Portraits

Un lieu pour les habitués et pour les passionnés, une salle d’escalade pas comme les autres, dans un petit village situé  près de Montpellier, la salle Altissimo à Grabels.

Passée la porte en fer quelque peu discrète, s’ouvre à vous  1 000 m² de surface grimpable,  avec le plus grand devers des murs d’escalade de France et un espace bloc dont vos bras se souviendront…

Pas moins atypique, le responsable de la salle : Nicolas Bartholomé, plus connu sous le diminutif Barto, grimpeur chevronné, il s’occupe de la salle depuis 2004.

A la question, quelle est la fréquentation de la salle ? Il répond avec une once de fierté, que la salle a atteint des pointes de 240 personnes jour ! D’où la création de la salle Altissimo à Odysseum pour désengorger ce flux de grimpeurs. Aujourd’hui la salle accueille en moyenne 160 personnes par jour.

Nicolas Bartholomé a vu évoluer le profil du grimpeur, en premier lieu plus féminin on passe de 20 % à 45 %, (et on note plus de femmes à Grabels, le longiligne Barto en serait-il la cause ?) «  Il y a une quinzaine d’années, les grimpeurs venaient à la salle pour rencontrer des personnes qui savaient déjà escalader, ce public est toujours là, mais noyé dans la masse, c’est devenu un sport plus citadin, avec des grimpeurs qui sortent en falaise de façon mensuelle, trimestrielle…la salle est devenue un lieu de partage de public.

Le bloc reste assez masculin et jeune, le haut niveau évolue équitablement chez les deux sexes.

Passionné de grimpe, Nicolas Bartholomé avait un challenge primordial dans sa professionnelle, celui de concilier le travail et la possibilité de continuer à grimper !

Motivé par son père, féru d’alpinisme, Nicolas ne vit que pour la grimpe, « je suis encore plus motivé que la veille chaque nouveau jour, je suis comme Obelix, je suis tombé dedans ! J’aime travailler à la salle, même pour les paperasses ! »

A tout juste 40 ans, Barto conserve un niveau 8 a+, 8b, mais il a arrêté la compétition, il s’accorde tout de même, 6 entrainements par semaine, un jour sur deux en falaise, le reste du temps en salle.

Une passion qu’il a su transmettre à ses deux fils, Milan 9 ans et Nathan 12 ans  qui grimpent respectivement en tête du 7 a et du 6a+ ! Il ne les fait grimper qu’en tête et en falaise ! Pas étonnant que ses progénitures aient ce niveau-là, il ont passé leur enfance dans la salle à jouer au ballon, à faire du vélo …

Nicolas se sent plus chez lui à la salle que dans son appartement, « cela fait 15 ans que je suis là » !

Gérer une salle n’est pas non plus de toute évidence, il faut savoir fidéliser et se renouveler ! C’est un sacerdoce pour Nicolas et son équipe, ils organisent trois gros évènements par an, jamais de routine …

«  Cela fait 35 ans que je grimpe, je trouve l’évolution de ce sport très positive et je suis tellement passionné que j’aimerais que la terre entière en fasse ! »

Alors oui, il a entendu certains râleurs en falaise expliquer qu’en raison des salles d’escalade, les falaises seront saturées, que nenni !

Depuis toutes ces années, Nicolas constate que le haut niveau évolue  à une vitesse grand v, la progression est plus rapide il voit pas mal de grimpeurs au niveau 8, voire 9 ! Le degré 7 étant toujours  le niveau moyen….et cela grâce aux salles, « quand j’ai commencé l’escalade, les salles n’existaient pas, c’étaient les tractions sur les cadres de portes, on avait la dalle de la grimpe, on a connu la frustration ! Actuellement il y a un peu moins de passion chez les grimpeurs que nos générations ».

Nicolas sait que de toute manière il n’arrivera pas à satisfaire tout le monde, en dépit d’un perfectionnisme hors pair, il a conscience que les grimpeurs sont un public de plus en plus expert, que chaque grimpeur est différent et unique avec des attentes particulières.

Depuis deux ans, Barto s’étonne du succès de la salle avec un retour massif de la clientèle, «  c’est certainement dû au dynamisme de Rachel et de Florent ».

A la fin de la soirée grimpe frontale, Nicolas s’émerveille encore de l’ambiance dans sa salle et déclare naturellement qu’il n’a jamais eu l’impression de bosser, qu’il se régale dans tous les milieux, salle, falaise. Se déclarant « commère »il apprécie particulièrement les échanges qui se font, les histoires qui se racontent entre grimpeurs….

L’escalade l’a nourrit complètement, il reconnaît n’avoir jamais eu besoin d’autre chose,  et quand il se trouve au pied d’une falaise c’est comme il y a 20 ans, il a  toujours cette envie de réussir la voie, c’est inexplicable dit-il, j’ai le feu en moi »

Une passion contagieuse ! À la salle atissimo de Grabels, l’ambiance est là, l’esprit  de la grimpe aussi.

 

Laurence Durand

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Zoom sur le vaste chantier de réhabilitation des grandes voies de la « Montagne de lumière »…

avril 21, 2013 dans Portraits

Plus connu sous le nom du massif du Caroux, situé au cœur du Parc Naturel Régional du Haut Languedoc, à 50 km au nord de Béziers, ce site s’élève à près de 1100 m d’altitude. Connu pour ses gorges escarpées et ses innombrables parois, le massif du Caroux est l’un des principaux sites d’escalade « granitique » du sud de la France, il offre une approche facile du milieu de la haute montagne.

 

Ce massif a été fréquenté par de nombreux grimpeurs passionnés, l’historique de l’escalade dans le massif remonte à 1896 ! À la création du club alpin français Béziers Caroux. Dès 1910, les aiguilles sont gravies par Viala, Déplasse, Dulong-de-Rosnay, puis des années 20 à 40, Azéma, Frayssinet signent de nombreuses ouvertures, à la fin des années 50, est édité un premier topo, et de 1960 à 1980, Henri Blanc, Guy Pistre, François Pugibet et les frères Raynal signent les plus itinéraires, aujourd’hui ce ne sont pas moins de 400 itinéraires qui sont proposés aux grimpeurs…

 

Deux zones ont été inscrites à Natura 2000 dans le massif du Caroux, et dans ce cadre de mesures de protection des milieux naturels, il a été décidé de mettre en place une procédure qui garantisse la prise en compte des aspects environnementaux avant tout action de rééquipement du site.

 

La présence d’équipements vétustes et non conformes aux normes de sécurité, des pitons et des plaquettes très souvent corrodés est l’une des principales raisons de ce projet de réhabilitation de l’ensemble des voies. Dans un premier temps, la communauté des grimpeurs a effectué un état de lieux voie par voie, en établissant des fiches types décrivant en détail chaque voie, remises à la commission technique, chargé de l’inventaire.

Un rééquipement selon une certaine philosophie : respect de l’itinéraire de la voie d’origine, respect de son engagement, et du caractère non élitiste des voies, remplacement des points jugés indispensables par des broches scellées, en aucun cas le caractère « montagne », terrain d’aventure n’est changé sur ces 240 voies situées dans une vingtaine de secteurs géographiques différents appartenant à l’Etat et gérées par l’ONF. Concernant les relais, même philosophie, un relais sur un arbre reste tel quel, à condition que l’arbre soit solide, tous les points jugés indispensables à la progression sont remplacés par des points normalisés.

 

Une commission escalade a été constituée au sein du comité départemental 34 FFME pilotée par Henri Blanc qui est à l’origine du projet avec Jean Louis Raynal. Une commission de suivi technique a vu le jour également  composée de personnes expérimentées, c’est une instance de proposition qui analyse et définit les voies à conventionner et rééquipement prévu présidé par David Foissier, les finances : conseil général et régional direction départementale jeunesse et sport et financements européens.

 

Henri Blanc est l’une des figures emblématiques du Caroux, cela fait des années qu’il côtoie les voies de ce massif et qu’il œuvre à son rayonnement. Il est intarissable sur le sujet, il aime parler longuement de l’histoire de ce site : «  l’équipement  était devenu vieillissant, on a donc décidé de remplacer tout le matériel obsolète, rouillé car il représentait un danger pour le grimpeur. Nous avons travaillé avec Jean Louis Raynal et Christophe Bernard, on a commencé à faire un inventaire sur l’essentiel  des voies, les plus hautes, les plus renommées du massif, et on aboutit, il y a 5 ans au montage un dossier, en vue de préparer une convention ONF/FFME, ce fut un grand combat, nous avons eu beaucoup de critiques, il y avait un noyau dur de personnes qui ne voulait pas que nous équipions. Nous avons continué notre chemin, en expliquant notre philosophie, cela a été assez long, nous avons réalisé un inventaire voie par voie, on a travaillé en terrain domaniale immense plus de 10 000 hectares, mais nous sommes arrivés en toute sérénité à cette convention. Des débats sur internet et des séances plénière de consultation ont été organisés, nous avons même mis en place un comité de pilotage ouvert à tout public pour avoir un avis sur l’équipement des voies. Nous avons reçu par deux fois la visite du Mountain Wilderness France qui chapote tous les programmes mondiaux ».

 

Ce vaste programme de réhabilitation porte sur un total de 240 voies de une à six longueur en moyenne et sur 3 ans, il se terminera en décembre 2012, les équipeurs ont déjà réhabilité 120 voies, et en 2013, seront installés les derniers équipements de signalétique.

 

David Foissier est le responsable du Comité Technique et donc du rééquipement des voies, sa mission est d’enlever tous les pitons rouillés, hors d’usage et les remplacer par des broches inox.

Il reconnait qu’au départ la peur de certains grimpeurs de transformer ces voies mythiques, était certainement due à un manque de communication de leur part…Il a donc été primordial d’informer la communauté des grimpeurs , de concilier toutes les tendances de cette pratique pour qu’il y est un consensus général.

David explique qu’il rééquipe dans « l’éthique » en conservant l’itinéraire de la voie à l’ouverture dans la mesure du possible, en respectant l’engagement de la voie, la distance des points, « et dans le Caroux, pour une 5, 5+, il y a pas mal de pitons qui protègent le pas difficile, donc on essaye de garder cet esprit là ».

David équipe avec Pierre Raynal, et d’autres équipeurs en renfort selon les besoins, car le projet du Caroux est complexe, «  il consiste à rééquiper les voies, faire le nettoyage, refaire les systèmes d’accès, baliser les sentiers et faire un topo ! »

David explique : «  nous avons déjà effectué un peu plus de 60% des voies, en décembre nous devrions avoir terminé et le topo est prévu au printemps 2013. En général, on a un piton sur 3 totalement rouillé car ils se situent sur des fissures là où coule l’eau, ils sont là depuis 30 ans, il y en pas mal qui ne supporteraient pas une chute ! »…

La durée de l’équipement d’une voie varie selon sa longueur, de l’accès, et de la difficulté ou non de la purge, selon David, il faut compter sur une moyenne de deux jours pour équiper une voie mais c’est très aléatoire.

David a pour principal coéquipier Pierre, ils équipent à deux, pour des raisons de sécurité mais pas seulement, équiper et grimper en duo permet d’avoir un autre avis, « comme on cherche à garder l’esprit Caroux, on se pose la question du meilleur emplacement pour un point donc deux avis c’est mieux », explique Pierre.

Pierre Raynal, se définit comme « un enfant du pays », je suis tombé dedans quand j’étais petit, mon père était guide de haute montagne, tout le monde grimpe dans ma famille, j’ai commencé à grimper dans le massif, très peu en salle, toute mon enfance, j’ai grimpé ici, c’est un lieu que j’affectionne tout particulièrement, je me sens bien, je fais parti du paysage avec les mouflons ! »

Pour Pierre, équiper une voie c’est « se mettre dans la peau d’un grimpeur », plusieurs facteurs sont à prendre en compte également : la difficulté de la voie, comment protéger les passages et marquer l’itinéraire. On essaye de respecter l’engagement qui était à l’origine de l’équipement, afin de permettre une grimpe le plus possible en libre, tous les passages qui étaient surprotégés sur pitons, on met un point qui va remplacer tous les autres ».

Pour Pierre, il était important de rééquiper ces voies, car « ici c’est une grimpe particulière, c’est un massif mythique, il y a eu la période Frayssinet, Demaison, ils ont fait leurs armes, mais le massif a vieilli et a souffert un peu de manque de fréquentation, donc c’est l’occasion de faire découvrir ce massif à d’autres grimpeurs, de lui accorder une seconde jeunesse ».

 

Pierre, au fil de la discussion, lâche une anecdote « quand j’étais très jeune, j’ai pu voir grimper aux cotés de mon père, Frayssinet et du coup je me souviens de leurs rigolades entre ouvreurs de voies, avec Blanc et Demaison. Une fois vers une paroi qui présentait un beau dièdre, pas connu d’aucun topo, alors que Demaison revenait des Alpes et qu’il avait repéré ce mur, il se disait « qu’il allait y faire une première »…Il s’était s’engagé dans la fissure et là il découvre un coin de bois que mon père avait placé quelques années auparavant !!! Nous, au massif on retrouve encore ce genre d’expérience » ! On croit faire une découverte mais en fait on trouve une vieille corde pourrie autour d’un arbre, une trace du passé qui est géniale à avoir ici ».

 

La finalité du projet de réhabilitation des grandes voies du massif du Caroux, c’est aussi le projet d’un musée, « un espace Caroux », situé en bas de la vallée, à Saint Martin de l’Arcon, à l’origine de cette idée Henri Blanc : «  nous gardons tous les vieux pitons rouillés, le vieux matériel que l’on peut retrouver sur les voies ». Cette maison proposerait également une grande maquette synoptique pour les groupes d’escalade et grimpeurs européens. L’idée est de faire connaître l’historique de ce massif.

Laurence Durand

 

voir le site de David Foissier
voir le site du Caroux

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Curieux de Montagne !

avril 21, 2013 dans Portraits

C’est le nom d’un petit livre où se mêlent photos, textes, interviews, devinettes, avec pour seul but : faire découvrir aux enfants de 7 à 12 ans, la beauté de la montagne, mieux la connaître pour mieux la préserver.

A l’initiative de cet ouvrage, une amoureuse des cimes, et de l’environnement Anne-Marie Reboulet, Vice –Présidente Milieu Montagnard et Chef de projet écriture : « j’ai voulu à travers ce livre donner envie de bouger, randonner, marcher, grimper, skier et aussi dormir là-haut. Ce livre doit donner envie de partir à la montagne comme on part en voyage, impatient de faire la fête là-haut, avec son corps, son cœur et sa tête »….

Pari réussi ! Curieux de montagne est ludique, agréable à lire, riche en contenu rédactionnel et en photos. On peut l’ouvrir à n’importe quelle page, répondre au quizz, c’est un vrai petit journal de bord pour le jeune public qui peut également l’agrémenter de ses propres expériences.

Anne-Marie a souhaité faire quelque chose qui ne soit ni moralisateur ni scolaire mais transversal, elle a voulu mettre à profit son réseau de copains, elle a réalisé un gros travail d’interviews et réaliser en quelque sorte un petit outil pédagogique interne au Club Alpin, c’était d’ailleurs au départ une volonté de la FFCAM.

Le projet est donc né il y a trois ans, parti du constat que beaucoup de jeunes grimpent en salle, et très peu en falaise, Anne-Marie a voulu leur dire : « que la richesse de la montagne relève de la beauté de la diversité des paysages traversés, de la rencontre avec ses habitants mais aussi des émotions, de l’aventure, du partage ou encore de l’esthétique ». En plus d’exercer une activité, c’est montrer toute l’émotion que l’on peut partager en montagne.

Sa volonté d’écrire ce livre a été également de constater que des ouvrages sur ce sujet existaient mais étaient plutôt scolaires, peu ludiques et non passionnels, cette petite touche, elle l’a obtenue grâce aux témoignages d’amoureux de la montagne. Cette richesse humaine, ces gens passionnés arrivent davantage à transmettre que « la montagne s’apprivoise, qu’elle s’apprend avec en plus l’amitié partagée entre copains. »

Une démarche qui a séduit les 9/12 ans mais pas seulement les adultes se sont également emparés de « Curieux de Montagne » et posent des questions, l’avantage de cet ouvrage c’est que l’on peut l’ouvrir à n’importe quelle page, il n’y a pas de début ni de fin !

A la question : « Quel est le principal message que vous avez voulu passé dans ce bouquin ? », la réponse d’Anne-Marie est directe : « que les jeunes ferment le bouquin et filent à la montagne ! Rendez-vous là-haut c’est ça l’idée ! ».

Six mois de travail en duo avec un graphiste-illustrateur Régis Ferré, il vit dans un petit village adossé au Parc national des Ecrins. « Quel plaisir de pouvoir travailler à l’élaboration de ce guide de découverte du milieu montagnard ! Lorsqu’Anne-Marie du Club Alpin m’a sollicité pour ce projet, j’étais vraiment très enthousiaste, d’autant plus que la montagne, c’est mon cadre de vie ».

Des photos, des dessins pour illustrer ce petit ouvrage, faire découvrir chamois, bouquetins, aigles, etc… Régis aime dire : « On peut aborder la montagne de bien des façons, terrain de jeu pour les uns, sujet d’étude pour les autres, elle est tout ça mais elle est surtout une source intarissable d’émerveillement, de magie et de rêve. Si elle nous fascine par sa beauté, on ne doit pas oublier qu’elle est fragile aussi. Vivre en montagne c’est prendre conscience combien nous sommes petits face à elle et combien est grande notre responsabilité à la protéger. »

Curieux de montagne est une source d’information sur la faune et la flore qui peuplent la montagne, c’est un livre à la fois éducatif et ludique qui plaît en fait à la génération de 7 à 77 ans !

Anne-Marie est toute émue quand elle explique qu’elle a reçu une boite de chocolat de deux petits jumeaux rencontrés à Briançon et qui pour la remercier de ce livre lui ont envoyé ces douceurs…Ou une autre tête blonde qui lui a écrit un poème car « ça lui a plu » ! Sa meilleure récompense provient de son petit-fils en CE1 qui ouvre les pages et lui pose plein de questions, Anne-Marie explique qu’il est simplement curieux !

Curieux de Montagne sera disponible en kiosque au mois d’avril au prix de 6 euros 90.

Laurence durand

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NG à Millau :100 % d’adrénaline pour 60 000 personnes

août 1, 2012 dans Escalade, Millau, Natural Games, Portraits

Reconnu comme le plus grand rassemblement européen des sports outdoor, Natural Games donne l’occasion aux amateurs et aux professionnels de se rencontrer, de se confronter et d’échanger dans des conditions conviviales et sportives.

VTT, kayak, parapente, canöe, grimpe et slackline, démonstrations, animations, tests de matos, concerts gratuits, bref, le site de la Maladerie a été encore une fois le rendez-vous incontournable de tous les passionnés de sport et de sensations fortes.

Une organisation impeccable que l’on doit à Michael Pradayrol, il supervise avec sérénité la logistique avec un seul leitmotiv : l’accueil du public, privilégier le relationnel, pari gagné !

LD : Des anecdotes, des moments forts au fil de ces éditions ?

MP : Oui, il y en a ! Ma rencontre avec Chris Sharma et Dave Graham, on les regardait dans les magazines et d’un coup ils sont là, ils soutiennent notre événement, c’est très émouvant ! Un autre souvenir, celui avec Gérôme Pouvreau au moment de sa chute avec un énorme caillou dans la main, lors d’un relais à Cantobre en 2004.

LD : As-tu l’impression que le public s’est emparé de la manifestation ?

MP : Complètement ! Les athlètes pros, les amateurs et même les bénévoles s’investissent énormément, ils se sont appropriés des bouts d’événements. C’est grâce à eux que tout fonctionne bien.

LD : Les Natural Games en chiffres ?

MP : 60 000 visiteurs, 1500 à 2000 athlètes amateurs, les 100 meilleurs athlètes mondiaux dans les six disciplines. Trois semaines de travail pour installer le village, 3000 prises d’escalade, 60 kg de son, 400 bénévoles et 500 fûts de bière !

LD : Les Natural Games reçoivent le soutien des collectivités territoriales, car elles sont conscientes de l’attrait touristique et économique ?

MP : Effectivement, les collectivités sont très sensibles à cet événement, Millau ne vit qu’à travers le tourisme, l’ancrage du festival est important car on arrive à la fois à drainer les millavois et des touristes de toute la France et de pays étrangers. Elles jouent donc le jeu à fond avec nous.

LD : La clef de cette réussite ?

MP : L’âme du festival est de confronter amateurs et professionnels pour qu’ils puissent se mesurer sur des contests en toute simplicité. Les Natural Games, c’est quatre jours pendant lesquels des passionnés se retrouvent, les athlètes se fondent dans le public et apportent des conseils, encouragent les amateurs.

 

 

 

La slackline, l’activité en vogue…

août 1, 2012 dans Cédric Calmels, Escalade, Highline, Jumpline, Montagne, Slackline, Thibault Swolinski

 

Le slackline aurait été inventée au Yosémite (Californie) au début des années 1980 par des grimpeurs qui ne savaient pas quoi faire de leur excès de sangle…

Cette discipline s’apparente au funambulisme.  Avec une sangle de 4 cm de large, légèrement élastique reliée entre deux arbres, le but est de marcher d’un point donné à un autre.

Thibault Swolinski est responsable de la slack au village des Natural Games, il nous livre l’intérêt de plus en plus important pour cette discipline et nous donne quelques conseils sur la pratique de la slackline.

LD : La slack est le nouveau sport « tendance » ?

TS : C’est un sport qui se développe beaucoup depuis 5 ans, c’est un véritable « boom » en Europe !  Cette activité a commencé aux Etats-Unis, dans les années 80, ce sont des grimpeurs qui l’on inventée lors des jours de repos, plutôt que de ne rien faire ils ont commencé à tendre une sangle et se sont amusés à marcher dessus… Désormais c’est une discipline avec des codes…

LD : Peux-tu nous éclairer sur les différentes slacks ?

TS : Ce sont des sangles d’escalade de 2.5 cm de large à la base mais le matériel évolue, on dispose aussi de sangles de 2.5 cm à 5 cm de large et la longueur cela varie de 10 à 300 mètres de long.

LD : Quelles sont les qualités requises pour pratiquer la slack ?

TS : Le plus important : la concentration, c’est un sport qui nécessite également un bon gainage. Il est nécessaire de se concentrer sur les sensations que l’on ressent et faire abstraction de ce qui pourrait nous gêner autour de notre champ visuel.

Mais au départ, il faut un temps d’adaptation pour le corps, lorsque nous marchons sur le sol nous avons l’habitude de marcher sur quelque chose de dur et là, on évolue sur une sangle dynamique qui avec la tension devient élastique, tous les débutants ont la tremblote sur la sangle au départ !

LD : Des conseils sur les techniques de base ?

TS : Il faut avoir un point fixe dans l’axe de la slack, ne pas regarder ses pieds, utiliser ses bras comme balancier et avoir les jambes légèrement fléchies et gainées.

LD : il existe des variantes de la slackline ?

TS : Il existe en fait trois disciplines : la trickline : une sangle d’un mètre de haut sur 10 à 15 mètres de long, bien tendue et là, on s’amuse à effectuer des figures comme sur un trampoline : debout, sur les fesses, demi-tour…. Ensuite, la highline :  cette discipline fait partie des sports extrêmes, aucune limite ! On joue avec le vertige, car la sangle est reliée à deux falaises pouvant atteindre une longueur de 110 m et 100 m de haut ! Enfin vous avez la longline : cette pratique s’intéresse à la traversée de distances de plus en plus longues, de 30 à plus de 100 mètres.

LD : Ces disciplines sont –elles reconnues  au même titre que d’autres sports ?

TS : Non, il n’existe pas de clubs, pas d’instances officielles mais il existe des fédérations en Allemagne et une au niveau mondial.

LD : Pratiquer la slackline, est-ce complémentaire à l’escalade ?

TS : Cela permet de s’entraîner sur les mêmes compétences au niveau de la concentration, de l’endurance, du gainage, la tonicité du corps. La pratique aide aussi le grimpeur lorsqu’il se trouve sur des grandes voies ou des passages difficiles d’arriver à mieux se concentrer sur ce qu’ils doivent faire, ne pas penser à la fatigue, à la douleur, à la difficulté et à rester concentrer sur ce que l’on s’est fixer.

De grands athlètes se servent de la slack pour leurs entrainements.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cédric Calmels à 35 ans, il est un adepte de la slackline de la trickline et de la highline, il était l’une des « figures » lors des démonstrations aux Natural Games

 

LD : Vous pratiquez depuis longtemps ce sport ?

CC : Je suis grimpeur, je me suis pris d’intérêt pour ce sport après avoir visionné des vidéos de Julien Millot, cela m’a inspiré et j’ai commencé a faire de la highline sur des grandes voies en bivouaquant.

Quand j’étais plus jeune, je faisais énormément de skate, de sports de glisse  et là je retrouve avec la jumpline ces mêmes sensations !

LD : Cela vous procure quoi comme sensations ?

CC : C’est un mélange de tout, un plein de sensations, puisque je suis amené à faire des acrobaties, des postures de yoga, de la danse… C’est un sport qui demande du gainage, beaucoup d’engagement car lorsqu’on saute à 1 mètre de haut et que nous devons atterrir sur une sangle de 4 cm… C’est un combat contre soi-même.

LD : Et quand vous Pratiquez la highline ?

CC : C’est une sensation unique d’être en apesanteur ! il faut beaucoup de concentration, c’est un combat difficile mais quelle libération dès que nous arrivons à la fin de la ligne, c’est unique ! C’est comparable à l’ascension d’une voie ultime, une véritable poussée d’adrénaline, un pur bonheur !

 

 

 

 

 

 

 

Au sommet du Boffi, Michaël, Nadège, Marc et Thomas s’entrainent sur la highline…

Pour Michaël, la slackline c’est le début, pour apprendre les équilibres, selon lui c’est une mise en situation, la highline est une suite logique. Dans cette activité il vient chercher plus de sensations, plus d’équilibre car c’est un sport plus dur où l’absence de repères se fait sentir du fait de leurs éloignements, et le besoin de concentration est plus important.

Michaël a déjà une bonne expérience en slackline mais il a trouvé dans la slackline un « vide de l’esprit », une nécessité d’être concentré à 200%, on n’a pas le droit d’être fatigué, il faut être clean dans sa tête pour arriver à se lever et à traverser » !

Nadège explique qu’au niveau des équilibres, ils sont assez proches en slackline car nous avons l’habitude de marcher, là, « la distance est plus éloignée, le moindre mouvement amplifie le déséquilibre ».

Pour Marc, il ressent un « apaisement total », c’est comparable au yoga on est serein, vidé »

Nadège qui en était à son deuxième essai ne partage pas son avis : « moi, cela me stresse, ça ne m’apaise pas ! »

Tous sont unanimes pour dire qu’à la différence de la grimpe ils se posent cette question : « Psychologiquement jusqu’où sommes-nous capables d’aller ?»

 

 

Grimpe et respect de l’environnement : une évidence ?

mars 21, 2012 dans Environnement, Escalade, Montagne, Tri sélectif

Ce n’est pas systématiquement le cas.

Certains grimpeurs ont du mal à troquer leur magnésie contre un gel non polluant et non toxique qui assèche les mains. D’autres, en salle, n’ont pas le réflexe de conserver leurs canettes ou bouteilles pour les jeter dans des poubelles adéquates. En extérieur, les trognons de pommes sont laissés sur place et nos chers animaux à quatre pattes gambadent sans surveillance… Bref, l’éducation à l’environnement passe par des gestes simples et une petite dose de bonne volonté…

Leïla est grimpeuse, elle travaille dans une salle d’escalade à Montpellier. Elle a instauré un système de tri dans la salle. Elle essaye de faire régner un système de recyclage par l’installation de  poubelles différentes selon les déchets. Pour Leïla, c’était une évidence : « Nous vendons des canettes, des bouteilles d’eau en plastique, en verre, les gens jettent beaucoup, sans compter les petits sacs de magnésie… » Lire la suite de cette entrée →

L’interaction entre l’homme et les oiseaux est-elle possible ?

mars 21, 2012 dans Aster, Constant Bagnolini, Environnement, Escalade, Guillaume Chagneau, Gypaètes, La Jonte, LPO, Maison des vautours, Martine Razin, Mathieu Le Lay, Montagne, Rapaces, Raphaël Néouze

Plus particulièrement celle des vautours et des grimpeurs ? Quelle est la place de l’homme dans la nature et comment celui-ci agit-il sur cette espèce par ses activités en montagne ?

Les randonneurs, les adeptes de la via ferrata, de l’ULM, les photographes, tous ces usagers de l’espace montagnard semblent avoir pris conscience de l’importance de la biodiversité et avoir trouvé un consensus après des années de persécution des gypaètes barbus, une espèce de vautours qui avait totalement disparu. Le gypaète barbu est une des quatre grandes espèces de vautours européens, il est l’un des plus rares d’Europe. Il se nourrit principalement d’os qu’il laisse tomber sur les rochers afin qu’ils se brisent d’où son surnom « le casseur d’os ». Le gypaète étant une espèce prioritaire (rare et menacée d’extinction en Europe), il bénéficie d’une protection totale sur le territoire français. Lire la suite de cette entrée →

Fans, grimpeurs avertis ou occasionnels, changez vos habitudes !

mars 21, 2012 dans Christian Kowalski, CMA, Environnement, Escalade, NST

Si vous aimez choisir votre matériel de grimpe (baudrier, chaussons, cordes), pourquoi ne pas choisir aussi votre façon d’assécher vos mains ? La magnésie est couramment utilisée mais elle laisse des dépôts polluants pour la roche et des particules nocives pour nos poumons. Il existe désormais une alternative : un agent séchant sous forme de gel, entièrement naturel.

Grimper tout en respectant l’environnement, c’est la philosophie de tout grimpeur. Là où le bas blesse, c’est quand on évoque l’utilisation de produits naturels non toxiques, en substitut à la magnésie…Habitudes, sensations différentes…bref les excuses ne manquent pas pour certains ! Petit tour d’horizon avec Christian Kowalski, Président des laboratoires CMA/NST, fabricant de l’Eco Grip. Lire la suite de cette entrée →

Le grimpeur des extrêmes

mars 21, 2012 dans Alain Robert, Escalade, Portraits

Nom : Robert, Prénom : Alain. Né le 7 août 1962 à Digoin en Saône et Loire
Signe particulier : grimpe à mains nues des gratte-ciel !

Plus souvent surnommé le « French Spiderman», Alain Robert est un grimpeur solo célèbre dans le monde entier pour ses ascensions spectaculaires. En 15 ans, il compte à son actif 100 gratte-ciel et monuments mythiques dans le monde, sans corde ni mousqueton. Il est devenu le spécialiste de l’escalade urbaine en solo intégral. Avant ce palmarès, il pratiquait l’escalade en solitaire en montagne et en falaise jusqu’au 8b. Lire la suite de cette entrée →

Les perles de la grimpe!

décembre 30, 2011 dans Escalade

C’est de saison ! la fin d’année, c’est le moment de faire le bilan et certains sont assez loquaces même dans le monde de la grimpe. Des phrases cultes, des interrogations ou des échanges entendus ici ou là….
Histoire de finir l’année sur une touche légère, voici un florilège de quelques mots avec Leïla, elle travaille à la salle d’escalade Altissimo à Montpellier.

L’escalade et son jargon, mais cette fois ci un peu plus pro avec Tom. Une brève initiation au vocabulaire de la grimpe…

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