La salle Altissimo à Grabels

avril 21, 2013 dans Portraits

Un lieu pour les habitués et pour les passionnés, une salle d’escalade pas comme les autres, dans un petit village situé  près de Montpellier, la salle Altissimo à Grabels.

Passée la porte en fer quelque peu discrète, s’ouvre à vous  1 000 m² de surface grimpable,  avec le plus grand devers des murs d’escalade de France et un espace bloc dont vos bras se souviendront…

Pas moins atypique, le responsable de la salle : Nicolas Bartholomé, plus connu sous le diminutif Barto, grimpeur chevronné, il s’occupe de la salle depuis 2004.

A la question, quelle est la fréquentation de la salle ? Il répond avec une once de fierté, que la salle a atteint des pointes de 240 personnes jour ! D’où la création de la salle Altissimo à Odysseum pour désengorger ce flux de grimpeurs. Aujourd’hui la salle accueille en moyenne 160 personnes par jour.

Nicolas Bartholomé a vu évoluer le profil du grimpeur, en premier lieu plus féminin on passe de 20 % à 45 %, (et on note plus de femmes à Grabels, le longiligne Barto en serait-il la cause ?) «  Il y a une quinzaine d’années, les grimpeurs venaient à la salle pour rencontrer des personnes qui savaient déjà escalader, ce public est toujours là, mais noyé dans la masse, c’est devenu un sport plus citadin, avec des grimpeurs qui sortent en falaise de façon mensuelle, trimestrielle…la salle est devenue un lieu de partage de public.

Le bloc reste assez masculin et jeune, le haut niveau évolue équitablement chez les deux sexes.

Passionné de grimpe, Nicolas Bartholomé avait un challenge primordial dans sa professionnelle, celui de concilier le travail et la possibilité de continuer à grimper !

Motivé par son père, féru d’alpinisme, Nicolas ne vit que pour la grimpe, « je suis encore plus motivé que la veille chaque nouveau jour, je suis comme Obelix, je suis tombé dedans ! J’aime travailler à la salle, même pour les paperasses ! »

A tout juste 40 ans, Barto conserve un niveau 8 a+, 8b, mais il a arrêté la compétition, il s’accorde tout de même, 6 entrainements par semaine, un jour sur deux en falaise, le reste du temps en salle.

Une passion qu’il a su transmettre à ses deux fils, Milan 9 ans et Nathan 12 ans  qui grimpent respectivement en tête du 7 a et du 6a+ ! Il ne les fait grimper qu’en tête et en falaise ! Pas étonnant que ses progénitures aient ce niveau-là, il ont passé leur enfance dans la salle à jouer au ballon, à faire du vélo …

Nicolas se sent plus chez lui à la salle que dans son appartement, « cela fait 15 ans que je suis là » !

Gérer une salle n’est pas non plus de toute évidence, il faut savoir fidéliser et se renouveler ! C’est un sacerdoce pour Nicolas et son équipe, ils organisent trois gros évènements par an, jamais de routine …

«  Cela fait 35 ans que je grimpe, je trouve l’évolution de ce sport très positive et je suis tellement passionné que j’aimerais que la terre entière en fasse ! »

Alors oui, il a entendu certains râleurs en falaise expliquer qu’en raison des salles d’escalade, les falaises seront saturées, que nenni !

Depuis toutes ces années, Nicolas constate que le haut niveau évolue  à une vitesse grand v, la progression est plus rapide il voit pas mal de grimpeurs au niveau 8, voire 9 ! Le degré 7 étant toujours  le niveau moyen….et cela grâce aux salles, « quand j’ai commencé l’escalade, les salles n’existaient pas, c’étaient les tractions sur les cadres de portes, on avait la dalle de la grimpe, on a connu la frustration ! Actuellement il y a un peu moins de passion chez les grimpeurs que nos générations ».

Nicolas sait que de toute manière il n’arrivera pas à satisfaire tout le monde, en dépit d’un perfectionnisme hors pair, il a conscience que les grimpeurs sont un public de plus en plus expert, que chaque grimpeur est différent et unique avec des attentes particulières.

Depuis deux ans, Barto s’étonne du succès de la salle avec un retour massif de la clientèle, «  c’est certainement dû au dynamisme de Rachel et de Florent ».

A la fin de la soirée grimpe frontale, Nicolas s’émerveille encore de l’ambiance dans sa salle et déclare naturellement qu’il n’a jamais eu l’impression de bosser, qu’il se régale dans tous les milieux, salle, falaise. Se déclarant « commère »il apprécie particulièrement les échanges qui se font, les histoires qui se racontent entre grimpeurs….

L’escalade l’a nourrit complètement, il reconnaît n’avoir jamais eu besoin d’autre chose,  et quand il se trouve au pied d’une falaise c’est comme il y a 20 ans, il a  toujours cette envie de réussir la voie, c’est inexplicable dit-il, j’ai le feu en moi »

Une passion contagieuse ! À la salle atissimo de Grabels, l’ambiance est là, l’esprit  de la grimpe aussi.

 

Laurence Durand

site d’altissimo

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