Grimpe et respect de l’environnement : une évidence ?

mars 21, 2012 dans Environnement, Escalade, Montagne, Tri sélectif

Ce n’est pas systématiquement le cas.

Certains grimpeurs ont du mal à troquer leur magnésie contre un gel non polluant et non toxique qui assèche les mains. D’autres, en salle, n’ont pas le réflexe de conserver leurs canettes ou bouteilles pour les jeter dans des poubelles adéquates. En extérieur, les trognons de pommes sont laissés sur place et nos chers animaux à quatre pattes gambadent sans surveillance… Bref, l’éducation à l’environnement passe par des gestes simples et une petite dose de bonne volonté…

Leïla est grimpeuse, elle travaille dans une salle d’escalade à Montpellier. Elle a instauré un système de tri dans la salle. Elle essaye de faire régner un système de recyclage par l’installation de  poubelles différentes selon les déchets. Pour Leïla, c’était une évidence : « Nous vendons des canettes, des bouteilles d’eau en plastique, en verre, les gens jettent beaucoup, sans compter les petits sacs de magnésie… » Le système de recyclage s’est effectué au fur et à mesure et ça marche ! Le geste de jeter dans les bonnes poubelles est devenu un réflexe pour Mathieu, un habitué de la salle. Sophie, c’est la même chose : « J’effectue le tri des déchets chez moi, donc j’adopte le même comportement en salle ! »

Pour Leïla, l’aspect environnemental passe aussi par l’art ! Elle accueille dans la salle des artistes de tous milieux qui réalisent des œuvres à partir de matériaux de récupération. La première artiste à avoir exposé à la salle de grimpe est Christine Caussel. Elle fabrique des lampes à partir de bois flotté. Elle récupère du bois sur la plage et réalise avec des œuvres de 1m50, 1m80 de hauteur. Elle a ainsi exposé pendant deux mois et selon les grimpeurs : « Cette expo a apporté un peu de chaleur à la salle, c’est original de pouvoir grimper et de découvrir des œuvres d’art. Apporter une touche artistique à la salle c’est plutôt cool.  » C’est en substance ce que l’on peut lire sur le livre d’or de Christine Caussel.

Frédérique Prospert, une artiste montpelliéraine a également exposé. Son créneau : « Récupérer tout ce qui traine sur la plage : des bouts de plastique, des bouchons, des bouts de cordes, des ficelles pour en faire des tableaux.  » Elle aime aussi interpeller le public. Avec un bidon d’huile de moteur trouvé, qu’elle a coupé, elle a déposé un poisson à l’intérieur, à l’envers, comme s’il était mort pour dénoncer cette pollution et dire « Regarder tout ce que l’on trouve sur la plage et tout ce que l’on peut faire avec vos déchets. »

Choisir l’art comme support de réflexion autour de l’environnement dans une salle d’escalade est un pari ambitieux que Leïla a su relever ! Les grimpeurs s’arrêtent, s’interrogent… Dans tous les cas,  ces expositions véhiculent un message qui ne laisse pas indifférent. Les comportements des grimpeurs changent, certains font même des remarques à d’autres quant à l’utilisation de la magnésie par exemple ou sur l’option gourde plutôt que bouteille en plastique… Bref, la salle d’escalade est devenue un lieu où le respect de l’environnement est un sujet de discussion comme un autre !

Pour Leïla, « On ne peut pas être grimpeur et ne pas avoir une sensibilité à l’environnement, quand on est grimpeur on aime la nature ! À l’extérieur, comme à l’intérieur, avec l’utilisation des sprays et magnésies écologiques en salle. En falaise, si nous avons des chiens par exemple, on se doit de ne pas les laisser trainer n’importe où ! Idem pour nos trognons de pommes ou épluchures de mandarines ! On dit souvent que ce n’est pas grave, de les laisser sur place, mais ce n’est pas le régime alimentaire des animaux du coin, des oiseaux…  »
On essaye de sensibiliser les gens et surtout les jeunes plus réceptifs aux problèmes environnementaux.

Si Leïla est aussi sensible aux questions environnementales, c’est qu’en plus d’être grimpeuse, elle est également artiste. Elle réalise des « avatars », des bijoux à base de pâte polymère et de matériaux de récupération !
Elle récupère tout ce qu’elle trouve à la salle: des sachets de thé, des papiers d’emballage… Elle demande même aux grimpeuses de la salle de ne pas jeter leurs bijoux cassés, ou morceaux de bijoux. Avec tout ça, elle fabrique des objets de décoration, des bracelets, des boucles d’oreilles. Elle ramasse aussi des coquillages, des bouts de bois flottés sur la plage, son « trésor . »
Elle aime donner une seconde vie à tous ces objets trouvés.