La slackline, l’activité en vogue…

août 1, 2012 dans Cédric Calmels, Escalade, Highline, Jumpline, Montagne, Slackline, Thibault Swolinski

 

Le slackline aurait été inventée au Yosémite (Californie) au début des années 1980 par des grimpeurs qui ne savaient pas quoi faire de leur excès de sangle…

Cette discipline s’apparente au funambulisme.  Avec une sangle de 4 cm de large, légèrement élastique reliée entre deux arbres, le but est de marcher d’un point donné à un autre.

Thibault Swolinski est responsable de la slack au village des Natural Games, il nous livre l’intérêt de plus en plus important pour cette discipline et nous donne quelques conseils sur la pratique de la slackline.

LD : La slack est le nouveau sport « tendance » ?

TS : C’est un sport qui se développe beaucoup depuis 5 ans, c’est un véritable « boom » en Europe !  Cette activité a commencé aux Etats-Unis, dans les années 80, ce sont des grimpeurs qui l’on inventée lors des jours de repos, plutôt que de ne rien faire ils ont commencé à tendre une sangle et se sont amusés à marcher dessus… Désormais c’est une discipline avec des codes…

LD : Peux-tu nous éclairer sur les différentes slacks ?

TS : Ce sont des sangles d’escalade de 2.5 cm de large à la base mais le matériel évolue, on dispose aussi de sangles de 2.5 cm à 5 cm de large et la longueur cela varie de 10 à 300 mètres de long.

LD : Quelles sont les qualités requises pour pratiquer la slack ?

TS : Le plus important : la concentration, c’est un sport qui nécessite également un bon gainage. Il est nécessaire de se concentrer sur les sensations que l’on ressent et faire abstraction de ce qui pourrait nous gêner autour de notre champ visuel.

Mais au départ, il faut un temps d’adaptation pour le corps, lorsque nous marchons sur le sol nous avons l’habitude de marcher sur quelque chose de dur et là, on évolue sur une sangle dynamique qui avec la tension devient élastique, tous les débutants ont la tremblote sur la sangle au départ !

LD : Des conseils sur les techniques de base ?

TS : Il faut avoir un point fixe dans l’axe de la slack, ne pas regarder ses pieds, utiliser ses bras comme balancier et avoir les jambes légèrement fléchies et gainées.

LD : il existe des variantes de la slackline ?

TS : Il existe en fait trois disciplines : la trickline : une sangle d’un mètre de haut sur 10 à 15 mètres de long, bien tendue et là, on s’amuse à effectuer des figures comme sur un trampoline : debout, sur les fesses, demi-tour…. Ensuite, la highline :  cette discipline fait partie des sports extrêmes, aucune limite ! On joue avec le vertige, car la sangle est reliée à deux falaises pouvant atteindre une longueur de 110 m et 100 m de haut ! Enfin vous avez la longline : cette pratique s’intéresse à la traversée de distances de plus en plus longues, de 30 à plus de 100 mètres.

LD : Ces disciplines sont –elles reconnues  au même titre que d’autres sports ?

TS : Non, il n’existe pas de clubs, pas d’instances officielles mais il existe des fédérations en Allemagne et une au niveau mondial.

LD : Pratiquer la slackline, est-ce complémentaire à l’escalade ?

TS : Cela permet de s’entraîner sur les mêmes compétences au niveau de la concentration, de l’endurance, du gainage, la tonicité du corps. La pratique aide aussi le grimpeur lorsqu’il se trouve sur des grandes voies ou des passages difficiles d’arriver à mieux se concentrer sur ce qu’ils doivent faire, ne pas penser à la fatigue, à la douleur, à la difficulté et à rester concentrer sur ce que l’on s’est fixer.

De grands athlètes se servent de la slack pour leurs entrainements.

 

 

 

 

 

 

 

 

Cédric Calmels à 35 ans, il est un adepte de la slackline de la trickline et de la highline, il était l’une des « figures » lors des démonstrations aux Natural Games

 

LD : Vous pratiquez depuis longtemps ce sport ?

CC : Je suis grimpeur, je me suis pris d’intérêt pour ce sport après avoir visionné des vidéos de Julien Millot, cela m’a inspiré et j’ai commencé a faire de la highline sur des grandes voies en bivouaquant.

Quand j’étais plus jeune, je faisais énormément de skate, de sports de glisse  et là je retrouve avec la jumpline ces mêmes sensations !

LD : Cela vous procure quoi comme sensations ?

CC : C’est un mélange de tout, un plein de sensations, puisque je suis amené à faire des acrobaties, des postures de yoga, de la danse… C’est un sport qui demande du gainage, beaucoup d’engagement car lorsqu’on saute à 1 mètre de haut et que nous devons atterrir sur une sangle de 4 cm… C’est un combat contre soi-même.

LD : Et quand vous Pratiquez la highline ?

CC : C’est une sensation unique d’être en apesanteur ! il faut beaucoup de concentration, c’est un combat difficile mais quelle libération dès que nous arrivons à la fin de la ligne, c’est unique ! C’est comparable à l’ascension d’une voie ultime, une véritable poussée d’adrénaline, un pur bonheur !

 

 

 

 

 

 

 

Au sommet du Boffi, Michaël, Nadège, Marc et Thomas s’entrainent sur la highline…

Pour Michaël, la slackline c’est le début, pour apprendre les équilibres, selon lui c’est une mise en situation, la highline est une suite logique. Dans cette activité il vient chercher plus de sensations, plus d’équilibre car c’est un sport plus dur où l’absence de repères se fait sentir du fait de leurs éloignements, et le besoin de concentration est plus important.

Michaël a déjà une bonne expérience en slackline mais il a trouvé dans la slackline un « vide de l’esprit », une nécessité d’être concentré à 200%, on n’a pas le droit d’être fatigué, il faut être clean dans sa tête pour arriver à se lever et à traverser » !

Nadège explique qu’au niveau des équilibres, ils sont assez proches en slackline car nous avons l’habitude de marcher, là, « la distance est plus éloignée, le moindre mouvement amplifie le déséquilibre ».

Pour Marc, il ressent un « apaisement total », c’est comparable au yoga on est serein, vidé »

Nadège qui en était à son deuxième essai ne partage pas son avis : « moi, cela me stresse, ça ne m’apaise pas ! »

Tous sont unanimes pour dire qu’à la différence de la grimpe ils se posent cette question : « Psychologiquement jusqu’où sommes-nous capables d’aller ?»